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Christelle Serafini

Quelles sont les singularités de l’université de Saint-Étienne ?

 

L’université Jean-Monnet est une université pluridisciplinaire. Elle forme plus de 20 000 étudiants sur différentes disciplines. C’est une université à taille humaine permettant une collaboration entre les facultés et instituts. Le Centre de FLE (CILEC) est rattaché à la Direction de l’International.

 

Pourriez-vous nous décrire plus spécifiquement les publics accueillis au Centre de FLE (CILEC) et votre offre de cours de FLE ?

 

Le public accueilli au CILEC est diversifié : nous recevons majoritairement des étudiants chinois bacheliers sur nos formations diplômantes (DULCF et DUPCEA) mais nos formations sont également ouvertes à des groupes constitués ou à des individuels comme par exemple des demandeurs d’emploi, des réfugiés, des individuels résidant en France ou à l’étranger. Plus de 46 nationalités sont représentées au CILEC.

 

Le CILEC propose des formations courtes et des formations intensives, en journée et en soirée, diplômantes et non diplômantes. En parallèle des formations linguistiques, nombre d’activités culturelles sont proposées chaque semaine pour garantir une intégration et une immersion dans la culture française.

 

Des partenariats forts et des conventions sont établis avec Campus France, plusieurs universités chinoises et des tours opérateurs coréens.

 

En termes de mobilité, combien d’étudiants étrangers recevez-vous chaque année au sein de l’université ? Combien d’entre eux suivent des cours de FLE ?

 

L’université reçoit chaque année environ 300 étudiants primo-arrivants dans le cadre de la mobilité encadrée (ERASMUS et échanges bilatéraux). En 2018-2019, un peu plus de 3 000 étudiants étrangers sont inscrits à l’université Jean-Monnet.

 

Parmi eux, divers publics suivent des cours de FLE pendant l’année universitaire, en journée ou en soirée :

  • 76 étudiants ERASMUS ou en échanges bilatéraux
  • 19 doctorants étrangers
  • 32 étudiants des masters internationaux de sciences

Le centre de FLE de l’université de Saint-Étienne a été labellisé pour 4 ans en octobre 2017. Qu’est-ce que qui vous a motivé à entrer dans cette démarche ?

 

Soucieux de délivrer un service de qualité et de faire reconnaître les compétences internes, le vice-président et le directeur de l’époque ont eu à cœur de s’engager dans cette démarche de labellisation. L’université de Saint-Étienne a depuis engagé une politique de démarche qualité dans plusieurs services, consciente de l’enjeu que représentent les détenteurs de label.

 

Avez-vous rencontré des difficultés pour constituer votre dossier de candidature ? Si oui, lesquelles ?

 

Une des difficultés rencontrées au démarrage était la crainte de ne pas obtenir le label puisqu’une dizaine d’années auparavant, la démarche n’avait pas abouti.

 

Il a fallu mobiliser l’équipe, déconstruire l’idée d’une démarche d’évaluation formelle type "sanction" pour entrer finalement dans une démarche qualité en vue d’une amélioration continue.

 

Autre difficulté : le temps nécessaire à la constitution du dossier de candidature. Il n’est pas à négliger et il n’est pas toujours aisé de mobiliser les équipes en plus de leurs activités quotidiennes. Le CILEC a pris la décision de recruter une personne pour 6 mois.

 

Quels sont les principaux bénéfices en interne de cette labellisation ?

 

Cette démarche de labellisation a clairement permis :

  • la formalisation et l’amélioration des procédures
  • l’harmonisation des pratiques
  • une lisibilité de notre offre de formation en interne et en externe
  • une meilleure coordination entre les pôles administratifs et pédagogiques.

Le CILEC est désormais reconnu et identifié dans l’université comme le partenaire privilégié pour les formations FLE de toutes les composantes de l’université voire de ses partenaires comme par exemple l’ESADSE.

 

En quoi le label est-il un atout pour accompagner vos projets de développement à l’international ?

 

Le label est un gage de qualité, reconnu par nombre de pays. Le CILEC a renforcé son attractivité internationale. Le label a permis une valorisation accrue du CILEC via Campus France.

 

Quelles recommandations feriez-vous aux centres de langue des universités françaises qui souhaitent s’engager dans une démarche qualité et in fine, obtenir le label Qualité français langue étrangère ?

 

Il est difficile de donner des conseils mais selon l’expérience du CILEC, c’est un processus long qui requiert un travail d’équipe. Il est indispensable de commencer à travailler un an avant sur la formalisation des procédures et leur expérimentation. En effet, lors de l’audit, il faudra fournir des preuves de l’année précédente.

 

Il est également indispensable de s’assurer du plein soutien politique de son établissement.

 

Pour terminer, je tiens à souligner le fait que cette expérience a favorisé la cohésion d’équipe, permis d’interroger collectivement les pratiques individuelles et leur déploiement.

 

Christelle SERAFINI

Directrice du CILEC